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De Pratiques en milieux numériques
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Le 17 Janvier 2017, @ipeirotis se confrontait déjà à ce même refus. Il pose alors la question Why was my Amazon Mechanical Turk registration denied?

Peu loquace, la firme se contente de cette phrase "we cannot disclose the reason why an invitation to complete registration has been denied."

Premièrement, il est important de rappeler qu'en faisant travailler des personnes, Mechanical Turk devient un payment processor et les sociétés de traitement des paiements effectuant des virements de fonds pour le compte d'autres personnes font l'objet d'une surveillance minutieuse de la part du gouvernement américain, surveillance en vue de lutter, en théorie, contre le blanchiment d'argent et le terrorisme. Mais surveillance surtout pour vérifier si ces sociétés respectent bien leurs obligations fiscales. Chaque centime gagné sur la plateformes doivent effectivement être imposés comme n'importe quels revenus légaux perçus. Mais perçus où ? En Belgique, difficile de croire qu'Amazon se décharge des charges patronales obligatoires aux employeurs, en partie parce que le siège sociale d'AmazonTurk n'est certainement pas Bruxelles.

Pourtant la réponse n'est pas à chercher dans le pays où je réside - ou prétend résider - puisque la firme se fait une fierté de l'annoncer sur son blog en Mars 2017 "MTurk is now available for Requesters in 10 more countries" et ces pays sont l'Australie, l'Austria, la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, L'Allemagne, Hong Kong, L'Irlande, Les Pays-Pas, La Norvège, La Pologne, Singapour, La Suède, La Suisse, Les Etat-Unis et l'Angleterre.

Attention cependant à l'amalgame facilement fait, ce n'est peut-être pas parce que les requêtes sont disponibles qu'on peut forcément être un "Worker". Explications : La plateforme fonctionne d'une manière binaire assez simple à percuter. D'un côté du mur nous trouvons des entreprises demandeuse de tache simple (Voir référencement des tâches) De l'autre côtés (du monde, de l'écran, de la réalité) des personnes anonymes et précaires réalisant des taches que les algorithmes informatiques ne peuvent encore effectuer. Effectuer dans le sens où, comme pour la modération du flux d'un site web, une interface se charge de vérifier que l'utilisateur n'est pas un robot.

Le Worker ne travaille donc pas pour Amazon qui devient un peu comme - au mieux - une agence intérim ou comme - au pire - Uber, en se chargeant de mettre en relation l'offre et la demande et de se prendre au passage une sorte de commission, puisque se chargeant de gérer la modération, l'entretient de sa plateforme et d'enquêter comme un détective sur ces petites mains aguerries effectuent des tâches répétitives mais indispensables aux algorithmes.

Si Amazon se charge de faire le détective, c'est parce que l'un des éléments clés requis par les institutions financières est la mise en place d'un «programme d'identification du client» (CIP), également appelé processus “Know Your Customer” (KYC). Le CIP / KYC est un ensemble de procédures que l’institution financière doit suivre pour établir qu’elle connaît la véritable identité d’un client. Les processus suivis par chaque institution financière varient et les processus exacts sont rarement accessibles au public car ils sont considérés comme des mesures de sécurité. De plus, les pratiques sont régulièrement contrôlées par les régulateurs (OCC, Fed, FinCEN, etc.)

A ce qu'il parait donc, la raison la plus probable à mon refus de travailler sur la plateforme est qu'Amazon n'ai pas été en mesure de vérifier mon identité. À l'heure pourtant où définir et tracer cette dernière numériquement serait, aux parties de chasses, le tire au mammouth dans un berceau, on peut vivre cela comme une petite victoire. Certes. Mais le fait est que j'ai utilisé un compte qui n'était en aucun cas biaisé, Amazon sait tout de moi : de mon adresse au livre que je lis, aux pages que je survole, aux cadeaux que j'ai fait.

Une choses fais néanmoins encore plus froid dans le dos pour nos camarades outre-atlantiques : Amazon peut obtenir le numéro de sécurité sociale des résidents américains, ainsi que d'autres informations personnelles pour vérifier si ils sont bien réels.

En effet, Amazon se veut de rester, toujours en me basant sur l'article de @ipeirotis, droit dans ces bottes, et même si il possède mon numéro de carte bleu la vérification est dites "de confiance faible". Suivant les processus standard de gestion des risques dans le cadre de ses processus CIP: il est préférable pour Amazon de rejeter un compte normal plutôt que d'accepter un compte qui serai impliqué dans du blanchiment d’argent ou de l'évasion fiscale.

Il est donc très probable que ma nouvelle demande, créer avec l'adresse postale de l'école et sans être relier à mon compte "client d'Amazon" - et donc à mes moyens de payements, revienne avec une réponse négative.

Pour d'autres pays, la capacité d'Amazon à suivre les processus CIP / KYC conformes à la réglementation américaine varie. Je suppose, par exemple, que la coopération des États-Unis avec les autorités britanniques ou australiennes est beaucoup plus fluide que, par exemple, les autorités chinoises. Ainsi, si on réside en dehors des États-Unis, la probabilité que le compte soit approuvé dépend de la robustesse de la capacité d'Amazon à vérifier les identités individuelles les différent pays. Aussi dépend-elle de ce fait des lois en ce qui concerne la protection des données.

Étant donné qu'Amazon est payé grâce aux requests, je suppose qu'ils se concentrent sur la mise en place de processus CIP en premier lieu dans les régions où résident les demandeurs potentiels, ce qui n'est pas toujours le lieu de résidence des travailleurs. Manque donc de demandes à destination des cliceurs de l'extrême en Belgique ? Une Hypothèse parmi d'autre.

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Le nom même d'Amazon Turk fait sourire : baptisée en référence au canular “The Mechanical Turk” (le Turc mécanique) où au 18eme siècle un charlatan à prétendu avoir construit un automate doté de la faculté de jouer aux échecs, mais qui était en réalité manipulé par un humain, caché à l’intérieur. Si Amazon fait référence à cette supercherie, c’est parce que derrière nombre de ses services “intelligents”, se cachent des hommes, qui effectuent un travail de “tâcherons”. Et l’entreprise de parler d’une “intelligence artificielle artificielle”, qui nourrit l’illusion d’I.A. hyper-sophistiquées.

__SOURCES__

https://www.behind-the-enemy-lines.com/2017/01/why-was-my-amazon-mechanical-turk.htmlhttps://blog.mturk.com/mturk-is-now-available-for-requesters-in-10-more-countries-a4e1fd173f0bhttps://www.cnetfrance.fr/news/turc-mecanique-d-amazon-comment-les-travailleurs-du-clic-sont-devenus-esclaves-de-la-machine-39850322.htm